Etat de l’union

art déco illustration

De lui à elle, de eux à ça, de vous à moi une fois tous les trois mois. Septembre, matin d’été indien.  Les mains stratèges, les pieds dans le sable, l’heure de l’état d’union a sonné.

L’émeute quotidienne de la ville s’éveille. Sur les toits, les hirondelles dansent encore, bercées par la lueur des dernières chaleurs estivales. La maison dort encore. Elle dort fort. Ils se sont manqués. Sous toutes ces paupières lourdes, les effluves d’hier soir voguent encore, paresseuses. C’est drôle, comme chacun d’entre eux garde captifs tous les parfums de la veille. Hier, ils ont pris le bain d’une journée incroyable, flottant dans ces retrouvailles tant attendues, les « Etats de l’Union » . Une fois de plus, ils se sont rendus ailleurs ensemble, prêts à apprivoiser un autre quotidien. Alors que le jour plongeait dans ses premières constellations nocturnes, eux sont restés là, sur cette plage. Au large, l’horizon, majestueux. Ah, les jolies colonies de vacances.  Il y régnait une douce ivresse. Vagues tranquilles, verres trinqués, musique engagée, rires déployés. Entre ces peaux dorées, le souvenir rieur du cours de surf du matin venait cristalliser les sourires salés. Ca a quelque chose d’incroyable, d’explorer ensemble. C’est se souvenir pour ne pas vieillir.

Un ronflement acéré interrompt le doux récit de ses pensées. Dans quelques minutes, les consciences vont s’éveiller, prêtes à démarrer « aujourd’hui » . A cet instant, il sera de nouveau entouré. Entouré de ceux et celles qui écriront cette nouvelle histoire ensemble, de celles qu’il racontera plus tard avec des yeux d’autrefois.

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équipe maestro sur la plage au couché du soleil